Formation « élevage poulet fermier en autonomie »

Formation « élevage poulet fermier en autonomie »

Classé dans : Agriculture familiale | 3

Durant 4 jours, une formation pratico-pratique sur « l’élevage du poulet fermier en autonomie » a eu lieu à la ferme de Bouinane (1ère AMAP Torba), en partenariat avec l’association Terre & humanisme, représentée par Hervé Ricca, éleveur.

En autonomie veut dire qu’il s’agit de diminuer les intrants venant de l’extérieur de la ferme, à commencer par les souches avicoles (locales et produites sur place) et la nourriture qui constitue plus de 70% des charges d’un élevage. Ce qui revient à cultiver ses céréales (orge, blé, triticale…) et légumineuses (pois fourrager, luzerne, trèfle, lupin, tourteaux…) et élever sur un parcours varié à raison d’au plus une poule/4 m2, mais si il ya a plus d’espace c’est encore mieux !

La réussite du démarrage du poussin est primordiale. Veiller à l’épaisseur de la litière, la propreté de l’eau, la chaleur qui doit démarrer uniformément à 35°C pour décroitre les semaines suivantes. Dans le batiment d’élevage traditionnel (photo plus bas), il doit être possible de lire son journal à même le sol sans aucune gêne (odeur, humidité, courant d’air, chaleur ambiante) !
A partir de 3 semaines, le poulet peut sortir par beau temps sur le parcours en plein air, qui a été préalablement semé de différentes herbes de paturage (orge, triticale, feverolle, luzerne, trèfle, lupin…). Le poulet doit y trouver un abri tous les 15 mètres (un arbre, ou une haie)…

IMG_20171114_170253 - Copie

Cette formation permettra aux acteurs de Torba d’accompagner les AMAP qui produisent actuellement du poulet fermier et des oeufs, de susciter des porteurs de projets et de former les particuliers à élever quelques poules dans leur jardin, en totale autonomie !

IMG_20171122_172442

COMPTE RENDU DE HERVE RICCA, éleveur et animateur de la formation « Volaille en Agroécologie »

Formation théorique et pratique pour un groupe, d’une quinzaine de personnes, constitué des membres du collectif TORBA mais aussi d’étudiants vétérinaires de l’école véto de Blida, d’un agent du parc national de Chréa, d’un stagiaire du CIARA et de paysans.
La formation a eu lieu pour deux journées à Alger et pour deux journées dans une ferme près de Bouinane dans le parc du Chréa. Merci à Rachid et à sa famille qui nous ont reçu chez eux tel des princes ! Un poulailler auto-construit sous forme d’un chantier participatif avec des matériaux locaux, roseaux, branches d’arbres, planches… a permis le démarrage de 200 poussins dans une poussinière aménagée dans le bâtiment. Nous avons longuement débattu de la nécessité du parcours(parcours sous les oliviers chez Rachid) pour l’alimentation autonome et le bien-être des volailles mais aussi des zones à risques sanitaires et parasitaires à proximité des trappes de sortie du bâtiment. Une approche économique a soulevé le problème essentiel de tout élevage de volaille : le coût de l’alimentation.
La poule pondeuse et le poulet en croissance sont de véritables recycleurs.
Il ne faut pas perdre de vue ce préalable sinon les céréales et les protéagineux distribués aux animaux se substituent complétement à l’alimentation humaine. L’accent est donc à mettre sur le recyclage de la nourriture non consommée par les foyers, les restaurants, les écoles etc…Une attention toute particulière est à porter sur le pain, source intéressante d’amidon (énergie). Sec, il pourrait être collecté facilement au niveau d’un quartier et concassé en une sorte de chapelure plus facile à transporter pour être acheminé vers les élevages. Reste l’élément « protéine » à trouver ? C’est l’élément souvent manquant mais indispensable de la nourriture quotidienne d’une volaille? Le parcours enherbé et arboré, riche de vers et d’insectes sera la source première de ces indispensables protéines. Il serait aussi intéressant de fouiller du côté des industriels du secteur des pois chiche, lentilles ou autres protéagineux qui pourraient vendre des sous-produits non destinés aux hommes (brisures, petits calibres…). A chercher aussi du côté de la culture de luzerne ou autres légumineuses fourragères qui, pâturées par les volailles, sont une source modeste mais non négligeable de protéines.
La recherche de poussins rustiques, issues de races locales serait aussi à envisager.
Actuellement l’AMAP d’Alger c’est 40 paniers et une liste d’attente de plus de 200 personnes sans trop de communication médiatique. Un tel constat montre le dynamisme du collectif porteur des valeurs de l’agroécologie et la demande des consommateurs. Comment trouver le bon rythme de progression entre producteurs et consommateurs qui soit sage et solide ? Un travail important de sensibilisation, d’information et de formation est à réaliser en direction du monde rural Algérien mais aussi des urbains. La démarche agroécologique initiée par TORBA lie le rural et l’urbain et c’est ce en quoi elle mérite un grand intérêt et un encouragement !!

3 Réponses

  1. BOUSSEGHOUANE Tayeb

    C’est très intéressant.

  2. Mounir KHALDI

    Bonjour,

    Comment faire pour participer à la formation? Aussi avez-vous prévus d’autres sessions?

    Merci pour tout vos travaux et réalisations.

    • Karim Rahal

      Oui, d’autres sessions seront prévues
      Restez en contact, nous publierons les dates à partir de fevrier 2018

Laissez un commentaire à Mounir KHALDI

Cliquez ici pour annuler la réponse.